26 septembre 2025

Jour 28 : retour rapide et clap de fin

Il pleut au réveil, et la météo ne laisse pas entrevoir grand espoir de mieux pour la journée. J'ai beau repousser l'heure fatidique du départ, ça ne change rien ☹️

10h15, contact, démarreur, vroum. Il fait à peine 10 degrés, je renonce aux 2 cols à quasi 2000 mètres qui étaient au programme. De plus, les risques de se retrouver dans la neige sont bien réels. Donc le plan est maintenant : rentrer au plus rapide (autoroute).

2h30 après, sans aucun autre arrêt que les péages, je suis à la maison.



Après 28 jours, la boucle est bouclée : 7155 km, 155 heures de selle dont seulement 8 de pluie. Je suis heureux, mais fatigué.

Merci à vous d'avoir suivi ma grande balade 😊

A bientôt j'espère !  

25 septembre 2025

Jour 27 : première neige

Il fait froid. Pas frais, froid. J'avais bien prévu l'équipement pour une baisse de température sur la fin de mon voyage, traverser les Alpes à plus de 2000 mètres fin septembre, on ne le fait pas en string, même léopard. Mais quand même, là, il fait froid... 🥶

Ce matin, je devais être à 750 mètres d'altitude, il faisait seulement 7 degrés au moment de partir. Ma première étape : le col du Grand St Bernard, 2469 mètres. Vu que les sommets sont blancs de partout, je ne me demande pas s'il y fait froid (c'est une certitude), juste si je vais pouvoir passer à cause de la neige. Au carrefour envoyant soit vers le tunnel qui évite le col, soit vers le col, les 3 allemands à moto n'ont pas hésité longtemps : ils ont choisi le tunnel. Et moi ? Je n'aime pas ne pas savoir, donc direction le col. Juste 3 degrés au sommet, quelques passages à l'ombre où il fallait suivre les traces de roues de voitures pour éviter le blanc du reste de la chaussée, et c'est tout. Ou presque. C'était superbe !




En Suisse, je fais une petite incartade dans une vallée en cul-de-sac pour voir à quoi ça ressemble. J'aime bien ces coins perdus.



Une fois passé en France, ce sera du connu que j'aime, à commencer par les 8 km de la piste qui grimpe au col du Joly et sa descente sur petite route.





Ensuite, j'enquille sur le barrage de Roselend...


... puis les 6 km du chemin du cormet d'Arêche, à la vue un peu bouchée au sommet.


Globalement aujourd'hui c'était du connu. Ça sent la fin du périple, je suis en terre proche et déjà parcourue plein de fois. Demain, itinéraire standard pour rentrer à la maison, pas de chemin ou d'extrapolation. Je ne suis pas sûr de vous faire un CR le soir même 😉


24 septembre 2025

Jour 26 : les cigognes sont déjà en route

Et moi je m'équipe : pull, gants mi-saison au lieu d'été, fermeture des écoutilles du blouson... Demain je rajoute le collant thermique sous le pantalon trop aéré et le tour de cou épais pour passer au-dessus de 2000 mètres... si la neige ne m'en empêche pas 🫣 Y'a plus de doute possible, l'été est parti et les 30 degrés d'il y a 3 jours en viendraient presque à me manquer 😅

Ce matin je prends la route sous un ciel qui se dégage, bien qu'il n'ait pas plu cette nuit. Après une bonne heure de purge routière, je sors des grands axes pour traverser la campagne. Les sommets sont enneigés au loin, je croise plusieurs cigognes et d'autres petits échassiers blancs à la tête noire et bec long courbé que je ne connais pas (après recherche, il s'agirait de l'ibis sacré, originaire d'Afrique mais invasive en Italie). Les migrations ont commencé, je les comprends je retournerais bien vers le chaud moi aussi 😊

Un peu plus loin, je traverse toute une zone agricole qui a souffert des orages hier, il reste encore des quantités astronomiques de grêle 😲

En fin de matinée je profite de plusieurs escales historiques (ou pas). Tout d'abord ce sera à l'arc de Donnas, vestige de l'ancienne voie romaine nommée "route des Gaules".

Ensuite je marque un arrêt au pont d'Echallod, datant des années 1770 et aujourd'hui piéton. 

Je ferai également le tour du château de Verrès.

Je profiterai de la vue à partir du col Tzecore, récemment parcouru par le "giro" si j'en crois les banderoles restantes et les peintures sur la route.

Mon pique-nique se passera sous les murs du château d'Ussel. 


Je raccourcirais mon programme de 2 grandes étapes sur des sommets en cul de sac, économisant dans les 110 km en tout. En effet, les prévisions météo à -1° et orages au premier et 1° et neige au second m'ont persuadé que la douche chaude de bonne heure à l'hôtel était une bien meilleure idée 🤣 Je pense programmer une virée dans le coin pour un rattrapage en meilleure saison, entre ce que j'ai raté aujourd'hui et les fois passées pour cause de calendrier trop avancé en fin de saison, il y a de quoi faire. 

Ce soir c'est ma dernière nuit hors de France, dont j'ai quitté la partie continentale le 30 août au soir (voire le 31 très tôt vu le retard du bateau...).


23 septembre 2025

Jour 25 : dernière vue sur mer

Après plusieurs jours sans la voir, je l'ai aperçue de loin aujourd'hui. Sauf grosse erreur d'orientation, cela ne devrait plus arriver d'ici la fin de mon périple.

Ce matin, réveil sous les nuages avec un peu de pluie. Les prévisions semblent montrer que c'est près de la fin, je recule un peu mon départ mais fini par y aller, équipé comme la veille en marin breton.

Rapidement la pluie cesse et le soleil fait son apparition, je peux tomber l'équipement devenu inutile et profiter des derniers points de vue sur la mer.

Ce matin, je sais qu'il y a un bout de chemin pour monter un col. Je décide de me faire une idée sur place pour voir l'état du terrain, détrempé, raviné, interdit... Si je monte, l'autre élément à vérifier sera le chemin pour en descendre de l'autre côté, car les 2 ne sont reliés sur aucune de mes cartes, il y a un manque d'au moins 200 mètres entre 😅

Les petites routes pour y mener sont sales du reste des orages, la prudence est de mise. Le chemin est bien praticable, mouillé mais pas extrême. Quelques ruissellements ou flaques de boue sont là mais pas de ravinement, ça monte tranquillement avec juste quelques menues difficultés sans gravité qui ne m'empêchent pas d'en profiter. 




Le plafond nuageux est bas et j'atteins le col en plein brouillard. Je trouve une piste dans les sous-bois qui semble mener dans la bonne direction. Ça se confirme et rejoint bien ma trace, dans une ambiance parfois très fantastique et bien automnale !



Après avoir rejoint le bitume, je continue sur des petites routes bien perdues. Alors que je commençais à désespérer de trouver un endroit pour manger au chaud (il faisait 14 degrés à 1500 mètres), je tombe sur un refuge que je ne m'attendais pas à trouver par là. Il y a du monde (même des motards suisses !), ce doit être la seule possibilité dans un gros rayon.

Après manger, je serpente un moment sur cette ligne de crêtes puis descends dans la vallée suivante. Le soleil revient et me réchauffe : un simple t-shirt sous le blouson d'été, ça devient insuffisant en altitude 🥶 Étonnamment, ici les routes sont propres, sèches, les rivières ont l'eau clair et de petits débits. Les orages n'ont pas dû passer par ici. J'en profite un bon moment.



Ensuite j'attaque une zone à mourir d'ennui jusqu'à ce soir, mais je le savais. La diagonale entre Turin et Milan c'est une horreur, je la terminerai demain matin avant d'attaquer des zones plus plaisantes.




 

22 septembre 2025

Jour 24 : quand la pluie s'invite

Ce n'est pas qu'il fallait absolument que la pluie arrive, mais après 23 jours sans sortir l'équipement, je ne vais pas me plaindre. Et vu la quantité tombée, je ne me suis pas équipé pour rien 😅

Pendant toute la nuit le vent a soufflé, certaines fois assez fort. Ce matin, je me réveille avec un ciel très couvert, des grondements de tonnerre ne laissent rien augurer de bon. Les premières gouttes arrivent alors que je charge la moto, je pars donc directement tout équipé. J'ai déjà regardé quels bouts de chemin enlever de l'itinéraire s'il pleut : je ne m'engagerais pas hors bitume si c'est trempé. 

A peine 1 km après le départ, il pleut dru, il y a des branches et beaucoup de feuilles mortes sur les routes, 5 km après je contourne déjà un bout de chemin, encore 10 km et je suis bloqué car la route se transforme en chemin interdit (parc naturel). Bref, mon itinéraire était censé traverser tout le parc naturel, je pensais sur des petites routes autorisées et pas sur chemins. Je décide à la vue de ce qu'il tombe, de casser ce qui était prévu et de viser uniquement les routes jaunes jusqu'à ce soir, et non plus les blanches sur la carte. Je suis passé en l'espace d'une nuit, de l'été à l'automne. Une précision impressionnante des italiens pour respecter le calendrier 🤣 Oui, je sais, les français l'ont fait hier, et dans certains coins il y a même eu quelques excès de flotte ☹️

Avant midi, qui ne verra qu'une centaine de km parcourus en 3 heures, je passe par un col à plus de 1500 mètres : pluie, vent assez fort, brouillard à couper au couteau... Je remercie le GPS-co-pilote pour m'avoir montré dans quel sens allait la route ! Je pense pouvoir revendiquer un diplôme de pilotage à l'aveugle, tout aux instruments... 😵‍💫 

Dans le premier patelin traversé, je dois m'abriter une bonne demi-heure pour laisser passer un très gros orage. Quand je vois les gerbes d'eau envoyées par les voitures et la marée haute sur la chaussée, je me dis que j'ai bien fait de ne pas forcer à moto. J'ai même pu profiter du spectacle impressionnant de la foudre touchant le sol dans le brouillard, avec une belle boule de feu sur la zone d'impact durant quelques secondes 🔥 😲

Après manger,  la pluie est partie, mais les routes sont détrempées, sales (sable, pierres, feuilles, branchettes...), je n'avance pas bien plus vite. 

En milieu d'après-midi le soleil refait des apparitions, les routes sont meilleures et je termine la journée de roulage plus serein. Les routes étaient très sympas et les coins traversés aussi. Les rivières sont très chargées.



Ce soir, je prends le temps de faire un petit tour dans le village, assez désert hors hôtel. Beaucoup de français sont là, ça commence à sentir la maison !





21 septembre 2025

Jour 23 : le labyrinthe

Et les photos ? Il y en a très peu eu aujourd'hui. La journée était pressentie ambitieuse, elle l'a été et ça m'a bien occupé : mise en route à 8h50, arrivée 10 heures plus tard, je suis crevé 🥱

Peu après le départ et un plein d'essence, je fais une pause devant un beau paysage. J'ouvre la sacoche de réservoir pour sortir l'appareil photo, et paf ! La moto bascule et se retrouve en train de mesurer le carré d'herbe de toute sa longueur, carré d'herbe dans lequel je joue à la tortue, les 4 fers en l'air (premier effet kiss cool 🙃). Je vous rappelle que la sacoche de réservoir était ouverte (deuxième effet kiss cool 😅) ? Après avoir relevé la moto (réservoir de 25 litres juste rempli...) et compté les abattis reprenant leur place dans la sacoche, j'ai tout de même pris la photo (pas si renversante que ça au final) 😅

Ensuite, ça a été un long et beau roulage dans le "parco nazionale delle foreste Consentinesi". De grands et beaux arbres, rendant une belle ambiance quand on y roule : de belles routes, quelques routes forestières moins bonnes et du monde partout (auto, moto, marcheurs) en ce très beau dimanche. J'avais prévu une grande traversée du parc, mais c'était sans compter sur les pistes forestières fermées. Pas des "strada chiusa" qui m'amusent depuis le début, mais de belles barrières pour protéger la réserve naturelle. Et ça change tout, ce genre d'interdictions, je les respecte ! J'ai donc fait demi-tour plus d'une fois, contourné pour de nouveau me retrouver bloquer, etc... Ça m'a pris beaucoup de temps pour me rendre compte que ce parc n'était pas traversable tel que je le voulais. La sortie du labyrinthe n'étant pas simple, j'ai fini par contourner, heureusement les routes sont restées très sympa.

Un peu avant 17 heures je commence l'ascension d'un autre massif, où je me retrouve rapidement sur chemin facile. Arrivé à un carrefour, la direction que je voulais prendre est fermée par une grande grille cadenassée. Bon. Il y a une autre piste qui part en montée, assez dégradée par des ravinements. Mouaif #1. Le GPS m'indique pourtant qu'elle doit rejoindre ma trace plus loin, avec une zone en succession d'épingles, ce qui veut dire avec du dénivelé qui ravine certainement. Mouaif #2. J'ai déjà donné dans ce genre de plan à la c** il n'y a pas si longtemps, et ce n'est pas à cette heure-ci déjà bien rincé que je vais y aller, c'est un coup à y passer la nuit et je n'ai ni tente ni sac de couchage 😅

Donc demi-tour ultime, je demande au GPS de me rentrer au plus rapide : il m'indique 93 km. Argh, quand même ! Les routes seront bien tournicotantes, et je suis content de me poser à la fin de cette journée un peu longue.